Introduction
Le communisme promet une société sans inégalités, où tout appartient à tous. C'est séduisant, et c'est justement le piège : partout où on a essayé de l'appliquer, le résultat a été l'inverse de la promesse.
Ce site est un coup de gueule : un point de vue assumé, appuyé sur des faits et des sources. Nous passons en revue l'idée, ses problèmes, ses échecs, puis ce qu'il faut en retenir.
Quelques repères
- 1848 : Marx et Engels publient le Manifeste du Parti communiste.
- 1867 : Marx publie le premier livre du Capital.
- 1917 : la révolution russe amène les communistes au pouvoir.
- 1922 : naissance de l'URSS.
- 1949 : les communistes prennent le pouvoir en Chine.
- 1975-1979 : les Khmers rouges dirigent le Cambodge.
- 1989 : chute du mur de Berlin.
- 1991 : disparition de l'URSS.
Un mouvement utopique
Le communisme, une utopie
Karl Marx imagine une société qu'il nomme « communiste », dans laquelle toutes les inégalités disparaissent et où tout appartient à la collectivité. Les moyens de production ne sont plus des propriétés privées, et les classes sociales n'existent plus.
« Les communistes peuvent résumer leur théorie dans cette formule unique : abolition de la propriété privée. »
— Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du Parti communiste
Source : Le Capital, Karl Marx.
Les inspirations du communisme
Karl Marx s'est inspiré de plusieurs intellectuel ouvertement utopique comme Charles Fourrier, Henry de Saint Simon, Robert Owen et Thomas More.
La disparition des classes sociales et l'égalité totale sont des objectifs inatteignables car une élite s'installe toujours au pouvoir, comme nous le montrent les différentes révolutions communistes du XXᵉ siècle.
A. La difficulté de gérer une économie collective
Premièrement, si la propriété privée est abolie et que les entreprises sont dirigées par la collectivité, les décisions seraient beaucoup plus longues à prendre. Il faut donc que moins de personnes décident, ce qui fait naître une élite, comme cela s'est produit en URSS.
De plus, une telle économie serait très difficile à planifier. Il faudrait connaître les besoins de chaque habitant du pays, ainsi que l'évolution de leur consommation, pour fabriquer les bonnes quantités et éviter toute pénurie.
En résumé : plus l'économie est centralisée, plus le pouvoir se concentre entre quelques mains.
B. Le problème des incitations au travail
L'une des phrases les plus célèbres du communisme est :
« De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins. »
— Karl Marx, Critique du programme de Gotha
Cette idée est impossible à appliquer : l'histoire montre que les humains cherchent presque toujours à réduire leurs efforts. La machine à laver en est un bon exemple, puisqu'elle lave le linge avec très peu d'intervention humaine.
Beaucoup de personnes seraient donc moins motivées si leurs efforts supplémentaires ne leur rapportent rien. Certaines profiteraient du travail des autres sans travailler, ce que montrent la théorie des incitations économiques d'Alchian, Demsetz et Friedman et les travaux de la chercheuse Palina Prysmakova.
Si plus personne ne veut travailler, il faut alors forcer les gens, comme en URSS. C'est une atteinte aux libertés individuelles.
C. Les difficultés de la distribution selon les besoins
Distribuer selon les besoins est aussi très compliqué : les ressources sont limitées, alors que les besoins peuvent être illimités. Il est donc difficile de mesurer certains besoins et de décider lesquels passent en premier.
Par exemple, si deux familles dans la même situation veulent la même maison, il est impossible de choisir laquelle doit l'obtenir.
De plus, tous les métiers ne se valent pas : une personne qui a fait de longues études n'acceptera pas d'avoir le même salaire que son voisin qui n'en a pas fait.
Sans critère clair pour partager les ressources, la distribution selon les besoins devient arbitraire.
D. La théorie de la valeur du travail
Pour Marx, la valeur d'un produit dépend du temps de travail nécessaire pour le fabriquer. Cette théorie a pourtant été réfutée par les économistes Carl Menger, William Stanley Jevons et Léon Walras.
Ils ont montré que la valeur est subjective : elle varie selon plusieurs facteurs, comme l'envie du consommateur ou la rareté du produit.
Leur exemple : une table en boue fabriquée en 100 heures représente beaucoup de travail, mais elle ne vaut rien, car personne n'en a besoin.
Source : Le Capital, Karl Marx, et Pop Science, Université de Lyon.
Les échecs du communisme
A. Les droits
Le communisme met en danger plusieurs de nos droits. Il veut d'abord supprimer la propriété privée, un droit fondamental défendu par les libéraux, car elle permet à chacun de disposer librement de ses biens.
« La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé. »
— Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, 1789, article 17
Dans les pays communistes, d'autres libertés ont aussi été limitées :
- la liberté d'expression et de la presse, avec une censure contrôlée par l'État ;
- la liberté de choisir ses dirigeants, avec un parti unique ;
- la liberté de se réunir et de faire grève ;
- la liberté de quitter son pays, comme le montre le mur de Berlin.
Ces atteintes aux libertés sont décrites dans Les origines du totalitarisme de Hannah Arendt et dans La route de la servitude de Friedrich Hayek.
Source : Les origines du totalitarisme, Hannah Arendt, et La route de la servitude, Friedrich Hayek.
B. Les pays qui ont échoué
L'évolution des programmes
Depuis le XIXᵉ siècle, les programmes des partis dits « communistes » ont beaucoup changé pour s'adapter à leur époque. Cela montre que les théories de Karl Marx ne tiennent plus vraiment la route aujourd'hui.
Marx avait aussi prévu l'effondrement du capitalisme. Il s'est trompé : le capitalisme a su évoluer. Ses prédictions ne sont donc pas fiables.
Une utopie qui devient une dystopie
Le communisme est une utopie, et une utopie se transforme souvent en dystopie. C'est pour cette raison que la plupart des tentatives de créer une société communiste ont échoué :
- URSS : épuisée par la course aux armements, elle a éclaté en 15 États lors des réformes de 1991.
- Allemagne de l'Est (RDA) : en faillite, elle s'est vidée de sa population vers l'Ouest jusqu'en 1989.
- Pologne : le régime a cédé face aux grandes grèves du syndicat Solidarność, soutenu par l'Église.
- Roumanie : le dictateur a affamé la population pour rembourser la dette, ce qui a déclenché une révolution violente en 1989.
- Hongrie : en ouvrant sa frontière à l'Ouest, elle a rendu le rideau de fer inutile.
- Tchécoslovaquie : le régime s'est effondré pacifiquement en quelques semaines pendant la Révolution de Velours.
- Bulgarie : les dirigeants ont écarté leur propre dictateur pour tenter de survivre à la chute du bloc.
- Albanie : isolée et méfiante envers l'étranger, elle a fini en faillite économique au début des années 1990.
- Yougoslavie : après la mort de Tito et la fin du communisme, des haines nationalistes ont provoqué des guerres civiles.
- Cambodge : les Khmers rouges ont tué environ un quart de la population avant d'être chassés par le Vietnam.
- Afghanistan : le régime a imposé ses réformes par la force, ce qui a causé une guerre civile et l'invasion soviétique.
- Mongolie : elle s'est tournée pacifiquement vers la démocratie quand l'URSS a cessé de la soutenir.
- Yémen du Sud : sans l'aide de Moscou, il a dû s'unir au Yémen du Nord, non communiste.
- Éthiopie : la collectivisation forcée des terres a causé de grandes famines, puis la chute du régime en 1991.
- Angola : après des décennies de guerre civile, le pays a abandonné le marxisme et s'est ouvert aux investisseurs occidentaux.
- Mozambique : ruiné par la guerre, le parti unique a accepté le multipartisme en 1990.
- Bénin : en faillite, le régime a abandonné l'idéologie lors d'une conférence nationale pacifique.
- Congo-Brazzaville : privé de l'aide soviétique, le gouvernement a dû accepter des réformes démocratiques en 1992.
- Somalie : la dictature a plongé le pays dans des guerres de clans, avant d'être renversée en 1991.
- Madagascar : l'économie s'est effondrée à cause des nationalisations, ce qui a provoqué des émeutes.
- Grenade : le gouvernement marxiste s'est détruit lui-même lors d'un coup d'État interne.
Source : AZ Animals, « 41 Countries That Used to Be Communist ».
Le monde communiste en une image
En rouge, tous les pays qui ont abandonné le marxisme-léninisme. En rose, les rares qui y sont encore officiellement : la Chine, Cuba, la Corée du Nord, le Laos et le Vietnam. Même parmi eux, la Chine et le Vietnam ont ouvert leur économie au marché, c'est-à-dire au capitalisme.
Source : carte de u/shivj80 (Reddit). La légende est en anglais : « Current » = actuels, « Former » = anciens.
Orwell avait prévenu
La Ferme des animaux
Dans ce roman de George Orwell, publié en 1945, des animaux chassent leur fermier pour vivre libres et égaux. Très vite, les cochons prennent le pouvoir, s'accordent des privilèges et réécrivent les règles à leur avantage. C'est une allégorie de la révolution russe : le cochon Napoléon représente Staline.
« Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres. »
— George Orwell, La Ferme des animaux
En une phrase, Orwell résume ce que nous disons depuis le début : on promet l'égalité, et c'est une élite qui s'installe au sommet.
1984
Dans 1984 (1949), Orwell imagine un État qui surveille tout le monde, le « Big Brother ». Il réécrit l'histoire, invente une langue appauvrie, la « novlangue », pour empêcher de penser, et punit jusqu'aux pensées interdites.
« La guerre, c'est la paix. La liberté, c'est l'esclavage. L'ignorance, c'est la force. »
— George Orwell, 1984
Orwell n'était pas un homme de droite : il se disait socialiste. Mais il avait vu en Espagne les communistes persécuter leurs propres alliés, et il a consacré ses deux romans les plus célèbres à dénoncer la dictature qui naît au nom du peuple.
Source : La Ferme des animaux et 1984, George Orwell.
À voir
Apocalypse, Staline
Un documentaire de France 2 construit à partir d'archives, qui raconte comment Staline a dirigé l'URSS par la terreur.
Source : france.tv, France 2.
Le mur de Berlin : de la guerre à la chute
Le mur de Berlin a été construit pour empêcher les habitants de l'Est de fuir. Une frontière tournée vers l'intérieur : un pays qui enferme sa population plutôt que de la convaincre de rester.
Source : Le Monde, YouTube.
Conclusion
Ce qu'il faut retenir
- Le communisme repose sur une idée généreuse : supprimer les inégalités et la propriété privée.
- En pratique, planifier toute une économie est presque impossible, et le pouvoir finit entre les mains d'une élite.
- Sans récompense pour l'effort, les gens sont moins motivés, et le régime doit parfois les contraindre.
- Les libertés (expression, élections, circulation) ont été limitées dans les pays communistes.
- La plupart des régimes communistes se sont effondrés ou ont changé, surtout entre 1989 et 1991.
Une idée peut sembler juste sur le papier et échouer une fois appliquée à une société réelle.
Et aujourd'hui ?
Il suffit de regarder une carte pour le constater : presque tous les pays qui ont essayé ont renoncé. Ceux qui restent officiellement communistes le sont de moins en moins économiquement, et pas du tout politiquement : parti unique, presse contrôlée, opposition interdite.
Le communisme a promis l'égalité, la liberté et l'abondance. Il a donné des files d'attente, de la censure et des murs. Un siècle d'essais suffit : cette idéologie ne mérite pas une nouvelle chance.